« Dans le chemin de liberté » – Recueil de poèmes de Jean CAILLOU (2)

LE VOLEUR D’AFFECTION

Laissez vos portefeuilles ouverts
L’argenterie sur la table à dessert
Votre crainte reste sans raison
Je ne suis qu’un voleur d’affection.

Peu m’importe la richesse et louis d’or
Les diamants et autres trésors
Mais pour les cœurs, là, attention !
Je suis un voleur d’affection.

Je la recherche un peu partout
De son nez elle montre le bout
Trop tard, oui, je n’ai fait qu’un bon
Je suis un voleur d’affection.

Une femme m’offre son sourire
Je m’en empare sans mot dire
Je le garde en moi sans façon
Je suis un voleur d’affection.

L’affection elle est bien chez vous
Attention barricadez-vous
Avertissez haussant le ton
Je suis un voleur d’affection.

Blindez vos portes et vos fenêtres
Appelez le garde-champêtre
J’aurai raison de vos maisons
Je suis un voleur d’affection

Par des sourires je suis puni
Le copain se change en ami
Je suis trop bon…mais oui, mais non
Je suis un voleur d’affection

Écartez –vous les faux amis
Venez vers moi cœurs sans abri
Mais confiance n’est pas de bon ton
Je suis un voleur d’affection

Le soir je compte ma fortune
J’ai perdu encore quelques thunes
Mais mon cœur est riche à foison
Mon cœur de voleur d’affection.

Toi l’enfant qui passait par là
Soudain tu m’as tendu les bras
Je n’ai plus rien…mais c’est si bon
Tu as volé mon affection.

DE PROFONDIS

Le jour où je disparaîtrai
Ce jour est-il loin, est-il près ?
J’espère avoir quelques amis
Voulant fleurir mon dernier lit.

Ils vont se dire : la mort l’ordonne
Il faut offrir quelques couronnes
Ou des gerbes très bien dressées
À celui qu’on doit regretter.

Des amis loin, des amis proches
Racleront le fond de leur poche
Afin d’offrir de nobles fleurs
Symbolisant ainsi leurs pleurs.

Ces fleurs aussi disparaîtraient
Laissez-les donc vivre en paix.
Elles n’y sont pour rien si je meurs
Je ne veux pas qu’on tue les fleurs.

Bien sûr c’est triste un cercueil nu
Avec dessus la Croix, sans plus
Mais si le sapin s’est donné
Laissez les roses vivre en beauté.

Offrez plutôt quelques amies
Celles qui aujourd’hui me sourient
Mais qui au jour de mon trépas
Voudront bien mourir avec moi.

Quatre petites marguerites
Que vous entourerez bien vite
De deux simples petits bouts d’herbe
Et pour moi ce sera superbe.

Offrez-moi, ce n’est pas méchant
De ces timides fleurs des champs
Poussant sur le bord d’un talus
Elles veilleront sur mon salut.

Et que chacun à sa façon
Fasse ainsi sa bénédiction
En déposant sur mon cercueil
Une violette ou une feuille.

En murmurant De Profondis
Offrez-moi un myosotis
Aidez-moi en mon dernier pas
Offrez ce “ne m’oubliez-pas”.

LES ROSES DE L’ATTENTE

Pour toi j’avais cueilli des roses
Petit bouquet modeste chose
Placé au chevet de ton lit
Dans ta chambre à toi mon amie.

Ce petit bouquet t’attendait
Chaque matin je le soignais
Ces roses pour moi c’était toi
Qui allais venir sous mon toit.

Oh oui ! j’attendais ta présence
Après cette si longue absence
Et tous les jours je me disais
Elle viendra, oui je le sais.

Mais non tu n’es pas venue
Toi l’espérée tant attendue
Tu n’as pas frappé à ma porte
Ce matin les roses étaient mortes

Et lorsque j’ai jeté ces fleurs
Une épine est entrée dans mon cœur.

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