« Dans le chemin de liberté » – Recueil de poèmes de Jean CAILLOU (3)

QUELQU’UN

TOI L’ENFANT QUE JE N’AI PAS EU

A l’âge ou l’on s’arrête pour prendre un second souffle,
Où l’on jette un coup d’œil au chemin parcouru
Dans le maigre bilan un regret m’emmitoufle
Qui me suivra toujours jusqu’à mon dernier but
Toi, l’enfant que je n’ai pas eu…

Vois-tu parfois pour moi l’existence est amère
Par la faute de celle à qui je n’ai pas plu
De cette femme hélas qui ne fut pas ta mère
Je ne lui en veux pas si je l’ai tant voulue.

Sous mes dehors futiles se cache un cœur de père
Mais aucun petit corps ne marche auprès de moi
Pas de petite main que dans ma main je serre
Pas de petite voix pour m’appeler Papa.

Mais tu vis dans mon cœur si ce n’est dans ce monde
Je t’invente un prénom et tu es là présent
Partout tu m’accompagnes, tu me suis en ta ronde
Je vois dans la rosée ton regard confiant.

Tu vis en chaque enfant que je croise à toute heure
Tous leurs éclats de rire sont l’écho de ta joie
J’essuie sur leur visage les larmes que tu pleures
Et c’est toi que j’embrasse quand ils sont dans mes bras.

Vois-tu si ta présence n’a rien de corporelle
Elle est pourtant bien vraie et tu es bien vivant
Car elle vit en moi, pour moi elle est réelle
Je t’aime cent fois plus de t’aimer en rêvant.

Lorsque le jour viendra où Dieu me fera signe
Tu seras du voyage, tu seras avec moi
Tu m’accompagneras car tu en es bien digne
Vers le pays d’Amour. Ta vraie place est là-bas.

Je ne peux te laisser au monde véritable
Tout seul sur cette terre qui ne t’a pas voulu
Nous partirons tous deux vers le Seuil charitable
Et je t’emporterai avec moi dans les nues

Toi, l’enfant que je n’ai pas eu…

REQUIEM

MÉDITATION DE NOËL

Moi qui pour les enfants ai tant de passion
De tendresse en éveil, de secrète affection
Je me prends à rêver au cœur de cette nuit :
O si j’avais connu Jésus petit !

Petit comme chacun de ceux que je rencontre
Tout sourire ou chagrin – pas comme on nous le montre
Avec trop de splendeur, trop sérieux, trop bien mis
O si j’avais connu Jésus petit !

Parfois en oubliant sa nature divine
C’est avec le bonheur, la joie que l’on devine
Qu’il m’aurait été doux de jouer avec lui
O si j’avais connu Jésus petit !

Au milieu de nos jeux j’aurais à peine osé
Le prendre dans mes bras afin de le bercer
Je pense que Marie l’aurait alors permis…
O si j’avais connu Jésus petit !

J’aurais su faire naître un sourire enfantin
Tout en séchant les pleurs de ses petits chagrins
Veiller sur son sommeil d’un regard attendri
O si j’avais connu Jésus petit !

J’aurais porté un choix sur ses fréquentations
Je lui aurais appris à bien faire attention
Avant de recevoir le baiser d’un ami
O si j’avais connu Jésus petit !

Contre tous les dangers je l’aurais défendu
Quitte à me battre seul le cœur et les mains nus
Et c’est moi qui me serais fait tuer pour lui
Oui… Si j’avais connu Jésus petit !

1 Comment to « Dans le chemin de liberté » – Recueil de poèmes de Jean CAILLOU (3)

  1. bourhis dit :

    très joli poèmes. on y ressent beaucoup l’ambiance qui flotte à berdine légere magiques et intuitive entouré de cœurs de pères simple et bienveillant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

↓